Le chakra (チャクラ?), du sanscrit « roue » ou « disque » (चक्र), est dans l’univers de Naruto un flux énergétique parcourant tout être vivant via les méridiens (経絡系, Keirakukei?)[1],[DB 1], réseau de minuscules canaux tels les vaisseaux sanguins. Le système circulatoire du chakra est présent non seulement au niveau macroscopique, entourant les organes internes décrits comme « produisant le chakra »[1], mais également au niveau cellulaire, reliant les noyaux les uns aux autres[2].
Comparable au ki (気?) du taoïsme et servant à l’exécution de jutsu, il est généré par la combinaison de l’énergie corporelle (身体 エネルギー, shintai enerugī?), créée par la condition physique et l’entrainement du ninja, et de l’énergie spirituelle (精神 エネルギー, seishin enerugī?), créée par la volonté[3]. Des signes incantatoires peuvent aider à son malaxage et sa manipulation[DB 1].
Chaque ninja possède, lorsqu’il « malaxe » le chakra, un sens naturel de rotation autour de l’axe du corps ; ce sens peut être déterminé en observant la courbure des cheveux au sommet du crâne. Ressentir son sens de rotation du chakra demande un « sixième sens », mais permet à un ninja d’éviter des interruptions intempestives du flot du chakra lors de l’utilisation du ninjutsu[4].
Pour justifier l’utilisation de pouvoirs « spéciaux », Masashi Kishimoto explique qu’il a dû trouver une explication plausible. Il a donc inventé un concept de « force » (similaire au concept de Star Wars, de Chi dans Dragon Ball Z ou de « points magiques » dans les jeux de rôle), qu’il a nommé chakra sans pour autant avoir une affinité particulière avec le mysticisme est-indien[A 1].
La circulation du chakra est régulée à travers le corps par 361 cavités (点穴, tenketsu?, lit. « points vitaux »)[1] réparties le long des méridiens qui, par le biais de manipulations précises, peuvent augmenter ou stopper totalement le flux[note 2]. À cela s’ajoutent huit « portes », des concentrations de points vitaux le long du méridien principal qui agissent comme de véritables barrages à la force autodestructrice du flux[5].
Des techniques de concentration permettent de s’affranchir de telles limites et d’accomplir des kinjutsu (禁術, techniques interdites?) comme les Fleurs de Lotus. Une telle pratique permet naturellement de décupler sa force, mais comme beaucoup de techniques ultimes, elle est à double tranchant et les répercussions de l’ouverture de portes sont extrêmement sévères pour la condition physique de l’utilisateur. L’ouverture de la huitième porte est décrite comme l’accès à une force colossale, supérieure même à celle des ninjas les plus forts, mais aussi comme synonyme de mort[5].
Selon l’univers du manga, l’exécution des ninjutsu élémentaires nécessite la pratique du Godai Seishitsu Henka (五大性質変化, Transformation de nature des cinq éléments?)[6],[DB 2], consistant à changer la nature du chakra en l’un des cinq éléments de la tradition japonaise[note 3] :
Ces éléments sont liés entre eux par une relation de type pierre-feuille-ciseaux[7],[DB 3] : le vent alimente le feu, qui est éteint par l’eau, qui est absorbée par la terre, qui est pulvérisée par la foudre, qui traverse le vent. Ce cercle de relations est assez important car pratiquer une technique liée à une affinité signifie, certes, avoir un point fort contre un second élément, mais aussi une faiblesse contre un troisième[7].
Le chakra de chaque individu possède une affinité plus forte avec un des cinq éléments de base[note 4] : cette particularité facilitant la manipulation de l’élément en question, la connaissance de son affinité permet, en se spécialisant, de développer ses compétences. La détermination de l’élément de plus grande affinité nécessite l’utilisation d’un papier spécial[8],[DB 4],[note 5] :
Bien que cette pratique ne révèle que la principale affinité, connaître celle-ci reste tout de même très utile puisque cela signifie une consommation moindre de chakra et une plus grande facilité d’exécution.
L’utilisation de plusieurs éléments de manière simultanée est impossible[9]. Seuls certains kekkei genkai et le fait d’être un junchūriki d’un bijū élémentaire autorisent l’affranchissement d’une telle limite[DB 5].
En plus de la manipulation de la nature du chakra, il existe une autre manipulation plus rare appelée Keitai Henka (形態変化, Manipulation de forme?)[DB 6]. Cette manipulation consiste à remodeler le chakra pour lui donner une forme spéciale et visible à l’œil nu. Réaliser à la fois une transformation de nature et de forme est présenté comme difficile car demandant de se concentrer sur deux choses opposées à la fois, comme de « regarder à gauche et à droite en même temps »[10],[11].
Deux exemples sont cités au cours du manga : la technique des « Mille oiseaux » – nommée ainsi en raison du son caractéristique proche du pépiement qu’elle produit – qui fut créée par Kakashi Hatake et qui consiste à donner au chakra une forme d’éclair bleu en plus de changer la nature en foudre ; et l’« Orbe tourbillonnant » créée par Minato Namikaze qui prend la forme d’un orbe de chakra tourbillonnant au creux de la main sans changement de nature. Cette dernière est décrite comme le keitai henka parfait par Kakashi Hatake[10].
La seconde technique est transmise au héros par Jiraya, et la première est enseignée à Sasuke, la némésis de Naruto, par Kakashi qui a créé cette technique en se basant sur la seconde[12].
Le yin et le yang est un concept taoïste représentant une vision philosophique où chaque chose et son contraire se retrouvent dans tous les aspects de la vie et de l’univers au sein d’une relation symbiotique et complémentaire. Le yin (陰, en japonais in?) représente entre autres les aspects négatifs de toute chose alors que le yang (陽, en japonais yō?) en représente les aspects positifs. Ils peuvent aussi représenter respectivement le corps et l’esprit.
Dans l’univers de Naruto, des techniques ou des disciplines telles que la « manipulation des ombres », le « décuplement », la médecine ninja ou le genjutsu sont implicitement décrites comme étant liées à l’équilibre entre le yin et le yang du chakra[9], ou encore entre l’énergie physique et l’énergie spirituelle de celui-ci[13]. Selon les préceptes du taoïsme, le yin ne peut aller sans le yang et inversement ; cependant, des techniques comme les spectres de chakra spirituel de Tayuya qui exploitent un déséquilibre volontaire du chakra rendent celui-ci instable, lui permettant par exemple de dévorer l’énergie qui lui manque[13].
Cet équilibre est également présent chez les réservoirs à chakra que sont les démons à queues, Minato Namikaze n’ayant scellé, selon Jiraya, que la partie yang du Kyûbi dans le corps de son fils[14],[trad 1].
Le chakra d’ermite est une forme différente de chakra qui permet la pratique du senjutsu (仙術, techniques d’ermite?).
En plus de l’énergie corporelle et de l’énergie spirituelle, le malaxage du chakra d’ermite requiert de l’« énergie naturelle » (自然•エネルギー, shinzen enerugī?) qu’il faut parfaitement équilibrer avec les deux autres (en maîtrisant les flux entrant et sortant d’énergie naturelle dans le corps), sous peine de se transformer tout d’abord en crapaud, puis de fusionner avec la nature au point de devenir pierre[15].
Contrairement au chakra ordinaire, le malaxage d’un tel chakra demande de « faire un avec la nature », ce qui nécessite une concentration et une immobilité parfaites, plongeant l’« ermite » dans une méditation profonde et le mettant ainsi en péril tant qu’il équilibre les énergies (il est exposé en cas d’attaque)[16]. Cependant, une fois atteint le stade d’ermite, le ninja décuple sa puissance.
Alors que les concepts précédents s’inspirent du taoïsme et plus particulièrement du yin et yang et du symbole taijitu (太极图), le senjutsu s’inspire du concept bouddhiste de trikāya et du symbole gankyil (en).